Le printemps par la fenêtre
Met du vert tendre aux bourgeons
Et parsème le gazon
De milliers de pâquerettes.
Le printemps par la fenêtre
Met nos cœurs au diapason,
Constellant les frondaisons
De ses pimpantes fleurettes.
Le printemps par la fenêtre
Met du vert tendre aux bourgeons
Et parsème le gazon
De milliers de pâquerettes.
Le printemps par la fenêtre
Met nos cœurs au diapason,
Constellant les frondaisons
De ses pimpantes fleurettes.
Maussade est le printemps,
Il pleut tout doucement
Sur la campagne et sur la ville ;
Il pleut sur le toit des maisons,
Il pleut sur les fleurs du jardin,
Il pleut sur chacun des bourgeons
Qui s’ouvrent sur l’arbre voisin,
Et moi je reste bien tranquille.

C’est l’hiver, mon amour,
Et la neige en paillettes
A recouvert la terre
De sa douce lumière,
De son brillant velours.
Le ciel n’est plus morose ;
Il y a dans la danse
De ces petits flocons
Une sorte de joie
Contenue, maladroite,
Légère et tournoyante.
Dans la pâleur du jour,
Ces cristaux doux et froids,
Moelleux pompons d’ouate
Sortis de l’oreiller
Rebondi des nuages,
Se sont éparpillés
Et jouent, irréguliers,
Sur le gris des façades.
Si tu viens avec moi un matin de janvier
Si tu te lèves tôt et que tu vas dehors ;
Tu verras le ballet des nuages pressés,
Sur les murs des immeubles, parfois, des reflets d’or,
Les voilages obscurs qui cachent le soleil,
Les trouées de lumière qui déchirent le ciel
Luttant pour que le jour l’emporte sur la nuit.
Tu verras que le rose peut se mêler au gris
Derrière les arbres nus du stade déserté,
Et la métamorphose de la nature aussi,
Troublée par l’embellie de ce temps décalé ;
Les plantes endormies et celles qui s’éveillent
Trompées par un regain de douceur, et la pluie…
Un printemps qui pourtant n’est pas d’actualité
Mais qui me convient bien quand je pars travailler,
Qui apaise mon cœur, m’inspire et m’émerveille.
La première neige est tombée
Sous le soleil des lampadaires ;
Pas les quelques petits flocons
Qui voltigeaient le midi même
Mais de gros morceaux de coton,
Comme si le vaste édredon
Des cieux perdait son garnissage
Et se défaisait le tissage
Enveloppant les oreillers
Et les couettes du monde entier,
De la plume jusqu’au duvet,
De la plumette à barbes libres
À la plumule si gracile
De l’eider, du canard, de l’oie
Fondant sur le bout de nos doigts,
En avalanche toute blanche
Hypnotisante et apaisante.
Ils étaient de toutes les tailles,
De toutes les formes possibles ;
Une myriade de cristaux
Assemblés dans la large gamme
Qui va du petit au plus gros,
Dans une tempête très calme
Aux longues envolées gracieuses,
Digne, paisible et silencieuse.
Éclairant son tendre minois,
Le nez collé à la fenêtre
Clémence a exprimé sa joie,
Heureuse d’être de la fête
Et d’admirer le doux ballet
Si féerique de la neige.
Elle a crié son impatience
D’aller dehors en profiter
Comme au temps de sa prime enfance ;
Les larmes coulaient sur sa joue
D’un bonheur qui n’était pas feint.
La neige était au rendez-vous,
C’était plus important que tout !
Elle a tenu jusqu’au matin.