La pluie de novembre ruisselle des toits,
Recouvrant le zinc d’une couche fine
De vernis brillant, qui capte un instant
Les faibles lueurs de ces teintes grises.
La ville est tranquille, le ciel impassible,
L’on n’entend que l’eau qui descend des toits,
Tombant goutte à goutte sur le métal froid.
Ces gouttes fusionnent et viennent se perdre,
Coulent et convergent en petits ruisseaux
Ondoyant, dociles, le long des gouttières.
Où sont les oiseaux ? Ils ne pipent mots.
On les voit parfois traverser les airs,
Se mettre à l’abri, la tête sous l’aile,
Gonflant leur plumage pour avoir plus chaud.
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Feuilles mobiles
Les feuilles de novembre
Détachées sans égards
Par la pluie, les bourrasques,
Et tous les éléments
Réunis en rafales,
Ont rompu leurs amarres.
Un cycle se termine,
Démarré au printemps,
Trois splendides saisons
Avant que les maisons
Ne se couvrent d’hermine.
Pour leur seule escapade,
Libérées, elles entament,
Ivres d’air et de vent,
Un ballet étonnant ;
Puis, grisées par leur danse,
Profitant des courants,
Dans un ultime élan
Descendent en planant.
J’aime la sensation
Éprouvée en foulant
Ces brassées de feuillages
Que l’automne changeant
Laisse dans son sillage,
Pour peu que l’on s’attarde
Dans ces entassements ;
Monceaux de végétaux
En dunes aérées
Finement feuilletées,
Que l’on frôle du pied.
Ces frêles feuilles mortes
Aux multiples nuances,
Encor souples ou craquantes,
Simples, ou plus ouvragées,
Dentelées et brillantes,
Vernies ou satinées,
Puis mates et figées
Bruissent tout doucement
Quand nos pieds les écrasent
Comme un papier de soie
Froissé du bout des doigts.
Echappée bucolique
Échappée bucolique,
Loin de tout désherbage,
La Morelle s’invite
Le long d’un vieux grillage
Et nous offre ses baies
Oblongues, délicates,
Légèrement ridées,
En grappes écarlates.
On voit dans les branchages
En partie dénudés,
Prises en flagrant délit
D’intense bavardage,
Des Pies en complet sombre,
Des Corneilles aussi
Et des Pigeons en nombre,
Insensibles au tapage.
Sur le mur qui soustrait
À nos yeux trop curieux
La vue du cimetière,
Grimpe la Vigne vierge.
Ses feuilles vernissées
Rougissent, se détachent,
Révélant la présence
D’un matelas épais
De tiges enchevêtrées,
Où des fruits bleu foncé
Subtilement pruinés,
Aux pédicelles pourpres,
Dévoilent leur attrait
En formant des guirlandes
Plutôt appétissantes ;
Précieux garde-manger
Des oiseaux affamés.
En quittant le kiné
En quittant le kiné
Le soleil m’apparaît,
Le soleil m’éblouit
Et lors me gratifie
De sa blanche lumière,
Aveuglante et entière
Qui m’oblige un instant
À fermer les paupières
Pour éviter ce cercle
Intense et lumineux,
Qui me brûle les yeux.
J’aimerais rester là
À boire ses rayons
Par chaque millimètre
De ma peau découverte ;
Absorber sa chaleur,
Retenir sa lumière
Me plonger dans l’instant,
Savourer pleinement
Ce moment d’exception
Et l’emmener ailleurs,
Dans mon humble univers,
Pour réchauffer mon cœur
Lorsque viendra l’hiver.
Le vent, enfin !
Le vent, enfin !
À défaut d’air du large
D’eau salée et d’embruns,
Une mer de nuages,
Grise à perte de vue,
A remplacé le bleu
Céleste, somptueux,
Qui habillait les nues.
Le zéphyr nous invite
À quitter nos demeures
Pour respirer sans fin
Cette fraîcheur exquise,
Et nous offre une pause,
Largement méritée,
Après ces jours passés
À cuire à l’étouffée
Dans le four de l’été.
Sortir à l’extérieur
Et sentir cette brise,
Caresse de satin
Dans le petit matin,
Nous met du baume au cœur,
Et nous donne l’envie
De nous reprendre en main
En réveillant nos vies
Qui s’étaient endormies,
Engourdies de torpeur,
Dans la lourde moiteur
De ces après-midi.
