Echappée de soleil

Échappée de soleil
Dans l’hiver qui finit,
Chaleur qui se propage
Le temps d’une éclaircie ;
 
Bien-être qui s’installe
Quiétude infinie,
Sérénité du corps
Accalmie de l’esprit.
 
Lumière qui s’étale
Projetant sur la table
Son puissant éclairage
D’où naît la fantaisie ;
Toute une poésie
D’ombres portées fugaces
Apparues sur ma nappe,
Trop vite évanouies.
 
L’irradiante lueur
M’envahit de torpeur ;
La nuque, les épaules,
Un tiers de mon visage,
La tête et puis le dos
Se prêtent au délice
De l’heureuse surprise
D’une minute exquise
Goûtée les yeux mi-clos.
 
Caresses sur la joue
Baiser chaud dans le cou,
La lumière est intense,
Éblouissante et crue ;
Parfois elle s’atténue
Lorsque quelque nuage
S’interpose un instant
Entre ma peau et l’astre,
Et j’aime ce contraste.
 
Je reste à savourer,
Félicité des sens,
La splendide embellie
De ce temps qui, par chance
A suspendu son vol…
 
Comme un chat qui se love
Près de la cheminée,
Je recherche la pierre
Chauffée au cœur de l’âtre
Et mon âme sourit
À ce doux paradis
Qui par bonheur s’attarde.

Neige nocturne

Uniformément gris perle
Le ciel opaque s’étend,
Moelleux et enveloppant,
Éclairé des tons pastel
Des clartés artificielles
Que la ville a piquetées
Soigneusement autour d’elle.

Blanches, bleutées, jaune pâle
Ces différentes étoiles
Tombées de la Voie lactée
Scintillent sans se lasser
En éclaboussant d’opale
Ce qui est à leur portée.

En mouchetés concentrés
La neige descend du ciel
Et grignote sans répit
Ce qu’il reste de grisaille
Travaillant vaille que vaille
Sans chercher d’autre alibi
Que son minutieux ouvrage.

Dans la cité endormie,
Recouvrant les paysages
Modelés à son image
D’un étincelant tapis,
Elle règne, souveraine,
Nitescente demoiselle,
Sur cette troublante nuit
Où le noir même est banni.