Tu n’es pas avec moi
Mais le soleil rayonne,
Il réchauffe ma peau
À travers les carreaux,
Il caresse ma joue
Et m’invite à rester
Un instant profiter
Des feux que cet automne
A laissés en ces lieux.
Je vais vers la lumière,
Savoure ce redoux,
Je repense à hier
Et je ferme les yeux…
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Premier effluve du printemps
Premier effluve du printemps,
Un feu de bois près d’un talus ;
Premier bourdon de la saison
Sur le chemin entraperçu…
L’on s’émeut de bien peu de choses ;
La simple beauté d’une rose
Suffit au bonheur de l’instant.
Echappée de soleil
Échappée de soleil
Dans l’hiver qui finit,
Chaleur qui se propage
Le temps d’une éclaircie ;
Bien-être qui s’installe
Quiétude infinie,
Sérénité du corps
Accalmie de l’esprit.
Lumière qui s’étale
Projetant sur la table
Son puissant éclairage
D’où naît la fantaisie ;
Toute une poésie
D’ombres portées fugaces
Apparues sur ma nappe,
Trop vite évanouies.
L’irradiante lueur
M’envahit de torpeur ;
La nuque, les épaules,
Un tiers de mon visage,
La tête et puis le dos
Se prêtent au délice
De l’heureuse surprise
D’une minute exquise
Goûtée les yeux mi-clos.
Caresses sur la joue
Baiser chaud dans le cou,
La lumière est intense,
Éblouissante et crue ;
Parfois elle s’atténue
Lorsque quelque nuage
S’interpose un instant
Entre ma peau et l’astre,
Et j’aime ce contraste.
Je reste à savourer,
Félicité des sens,
La splendide embellie
De ce temps qui, par chance
A suspendu son vol…
Comme un chat qui se love
Près de la cheminée,
Je recherche la pierre
Chauffée au cœur de l’âtre
Et mon âme sourit
À ce doux paradis
Qui par bonheur s’attarde.
Soleil de février
Soleil de février,
Bienfaisante chaleur
Qui dégèle la terre,
Douce lumière d’hiver
Par nos corps absorbée.
Nos cœurs sont demandeurs
De toute la douceur
Qui peut être glanée,
Dans ces instants flânés
Où nos yeux sont charmés
Par les balbutiements
Précoces du printemps.
Neige nocturne
Uniformément gris perle
Le ciel opaque s’étend,
Moelleux et enveloppant,
Éclairé des tons pastel
Des clartés artificielles
Que la ville a piquetées
Soigneusement autour d’elle.
Blanches, bleutées, jaune pâle
Ces différentes étoiles
Tombées de la Voie lactée
Scintillent sans se lasser
En éclaboussant d’opale
Ce qui est à leur portée.
En mouchetés concentrés
La neige descend du ciel
Et grignote sans répit
Ce qu’il reste de grisaille
Travaillant vaille que vaille
Sans chercher d’autre alibi
Que son minutieux ouvrage.
Dans la cité endormie,
Recouvrant les paysages
Modelés à son image
D’un étincelant tapis,
Elle règne, souveraine,
Nitescente demoiselle,
Sur cette troublante nuit
Où le noir même est banni.
