– À T. L.-C. –
Lorsque le ciel flamboie,
Devant tant de beauté
Qui nous laisse sans voix,
Que peut-on ajouter ?
Il faut juste se taire,
Se taire et admirer
Les trésors que la Terre
Nous offre sans compter
Et laisser la beauté
En notre âme infuser
– À T. L.-C. –
Lorsque le ciel flamboie,
Devant tant de beauté
Qui nous laisse sans voix,
Que peut-on ajouter ?
Il faut juste se taire,
Se taire et admirer
Les trésors que la Terre
Nous offre sans compter
Et laisser la beauté
En notre âme infuser
– À T. L.-C. –
Vues à couper le souffle ;
Dans les reflets changeants
Des célestes mouvances
Des nuageuses danses,
Embrassant la surface
À la glaçure plane
De platine et d’argent
D’un liquide miroir
Où jouent en transparence
Les nuances du temps ;
Dans le jour virtuose
Et le soir qui compose
D’intenses fééries,
Fleurit la poésie
– À Hovhannès Haroutiounian –
Un soir entre les dunes, j’aperçus le tableau
De charmantes baigneuses qui marchaient dans les vagues,
Naïades dévêtues surgissant hors de l’eau
Tandis que l’onde pure ruisselait sur leur peau.
Un soir entre les dunes, je découvris la grâce
De tendres jeunes femmes flânant sur le rivage,
Le soleil doucement leur caressait le corps,
Ombrant leur silhouette d’une lumière d’or.
Un soir entre les dunes m’apparut cet éden,
Dont je garde en mémoire la délicieuse scène
De vénus qui venaient se glisser comme reines
Sous la cape rosée de ce jour en déclin,
L’océan bleu lavande leur faisant un écrin.
D’après l’œuvre de Hovhannès Haroutiounian :
Sur la plage, huile sur toile, 27 x 35 cm. 2020.

Vibrer aux voix habitées
D’inoubliables poètes,
Bercé des mots et des vers
Qui inspirent nos pensées,
Et se laisser transporter,
Ému par tant de beauté
Cet éminent théologien,
Ce compositeur et poète,
Gardien des chants traditionnels
Et du répertoire arménien* ;
Collecteur devant l’éternel
De ces milliers de mélodies
Recueillies dans tout le pays
Ce cantor à la voix célèbre,
Docteur en musicologie,
Maître estimé de ses élèves
Et des grands noms qui l’approchèrent
Quand, en tournée européenne,
Il enthousiasma Debussy
Ce conférencier pédagogue,
Pianiste et chercheur exemplaire,
Préserva la musique même
Palpitant au cœur de chacun,
Transmise de bouche-à-oreille
Aux sons des instruments anciens
Et des chants sacrés millénaires
Jusqu’aux voix rythmant l’ordinaire
Des paysans œuvrant aux champs,
Des villageois dansant aux fêtes,
Des enfants jouant sans s’en faire,
Mémoire intime et populaire
Qu’il retranscrivit patiemment
Avant que cette barbarie
Ne le mure dans le silence,
Laissant s’éteindre son génie,
Mais que ces graines d’espérance
Semées au terreau de la vie,
Germant à travers les esprits,
Fleurissent dans la connaissance
*Komitas a collecté plus de deux milles pièces vocales et instrumentales arméniennes et s’est intéressé également aux chants kurdes dont il publia la première anthologie en 1904, ainsi qu’aux chants persans et turcs, notant les variations musicales entre les cultures.
En 1906, il fit une tournée triomphale en Europe.
Le 24 avril 1915, de nombreux artistes dont Komitas, furent arrêtés et emprisonnés. Beaucoup de ses notes et manuscrits furent détruits, et le traumatisme du génocide de ses compatriotes lui laissa des séquelles indélébiles.