Qui n’a connu cette arrogance

Qui n’a connu cette arrogance,
Dans la fougueuse impatience
D’une jeunesse triomphante
S’imaginant avoir compris,
En plus du sens de l’existence,
La réalité de la vie ?

Et puis les années nous rattrapent,
Nous dévoilant bien d’autres cartes,
De mise en garde en chausse-trappes,
Entre errance et course d’obstacles,
Brève victoire ou grande claque

Pour nous apprendre, sans répit
Les grandes leçons de la vie

Poèmes d’enfance

C’est comme un petit cadeau,

La main tendue de l’enfance ;

Une fantaisie de mots

Qui traverse l’existence

Une bouteille à la mer

Venant s’échouer soudain

Sur la grève du présent,

Pour me porter les embruns

Des premiers balbutiements

D’une plume d’écolière

C’est comme un petit cadeau,

Tendre clin d’œil de l’enfance ;

Une rivière de mots

Qui nous parle d’espérance

Ces lettres fanées

Retrouver ces lettres fanées

Soigneusement empaquetées

Après bien des années passées

À sommeiller dans le grenier

Il suffisait de les brûler

Dans un bon feu de cheminée,

Par choix ou par nécessité,

Pour ne pas être submergée

Par les fantômes du passé

Mais c’était ignorer la mémoire enfouie,

Les infinis méandres des souvenirs enfuis ;

Alors par nostalgie ou par curiosité,

Au nom des amitiés autrefois partagées,

Par un saut dans le temps je me suis évadée

À travers la tendresse de chaque lien tissé

Un coup d’œil a suffi, négligemment jeté

Sur une lettre ou deux, connivence oubliée,

Pour entendre ces voix qui longtemps s’étaient tues,

Que je n’attendais pas, que je pensais perdues,

Et qu’en bribes de vie les souvenirs affluent

Inondant ma mémoire et mon cœur tout entier.