Orage d’été

Il y eu de grosses gouttes

Dans une averse apaisante,

D’abord éparses et chaudes,

Lourdes d’une eau bienfaisante,

Puis plus fraîches sur la peau

Ensuite vint en rideaux

La pluie fine, transparente,

Recouvrant de son manteau

La nature environnante

Et s’écoulant en ruisseaux

Mais à la fin de l’ondée,

Le vent soudain s’est levé

Pour se changer en tempête ;

Bourrasques échevelées

Qui violemment secouaient

Tout ce qui pouvait bien l’être

Alors arriva la grêle

Aux billes de marbre blanc ;

Ses grêlons réfrigérants

S’abattirent sur la ville,

Ricochant sur les corniches,

Fouettant les plantes, les vitres,

Comme au dernier jugement…

Quand tout se fut apaisé,

Le ciel retrouva sur l’heure

Son relief et ses couleurs,

Comme si de rien n’était

Et, balayant les nuages

Aux cotonneuses livrées

Qui s’étaient accumulés

Dans ces vastes pâturages,

Le vent libéra l’été.

Bénédiction

D’étouffantes minutes
Sans un frisson d’air pur
Dans le bleu implacable 
De l’azur ;
La nature immobile,
Figée par l’air brûlant,
Attend l’événement…

Une onde de fraîcheur
Transperce la moiteur,
Balayant la poussière,
Et l’on respire enfin !
De savoureux parfums
Exhalés de la terre
Imprègnent l’atmosphère
Du matin.

Dans un vacarme intense
L’eau s’écoule en cadence
Et ce rideau si dense
Est bu par les chemins ;
Un brouillard incertain
Flotte dans le ciel clair
Et le soleil espère
Reprendre du terrain.

Les gouttes réverbèrent
Mille éclats de lumière
Et mes yeux s’émerveillent
De la beauté qui vient ;    
Mon corps vivifié par la pluie
Renaît aux chaleureux rayons
Et je voudrais toute ma vie
Vibrer à la bénédiction
De chaque détail enchanteur
Qu’on ne sait plus nommer Bonheur.