La nuit tombe déjà

La nuit tombe déjà en cette mi-septembre
L’humidité est là, suspendue dans les nues,
Régnant dans les hauteurs en invisible brume
Comme un éther profond, une aura que l’on hume
Pimentant l’atmosphère de son brouillard ténu,
Ravivant les odeurs pour venir nous surprendre
D’un pincement de cœur au ressenti aigu
Qui nous fait sans façon glisser dans l’émotion
D’une autre perception pour changer de saison.

Bourrasque automnale

Dans le ciel assombri de nuages lugubres
Le vent mêlé de pluie fait son apparition.
 
Quand son souffle s’accroît, il joue sa partition
En fouettant les parois transparentes des vitres
Où viennent se jeter, fraîches et cristallines,
Des gouttelettes fines en griffures mouillées
 
Et balance les tiges du fenouil desséché
Devant mes yeux songeurs, au gré de ses humeurs.
 
À l’horizon pourtant, entre deux strates grises
De schiste bitumeux, paraît une lueur ;
Messagère des cieux, son intense lumière
Aux subtiles couleurs m’hypnotise le cœur
 
Et d’un seul coup éclaire cette sombre atmosphère
Porteuse de beautés chaque jour réinventées.