Brouillard

Le brouillard s’est installé
Dans la nuit, à pas feutrés,
Et il a tout effacé ;
Le bruit des moteurs, les voix,
La ville, les rues, les toits,
Ce que d’habitude on voit
Quand on ouvre les rideaux.

Mais ce matin tout est gris,
Dans un silence étouffé,
La lumière se diffuse,
Étrange, comme filtrée
Par ces micro-gouttes d’eau.

Près de la porte-fenêtre,
Sur un mètre de rayon,
Je constate cependant
Que tout est resté intact.

Dans les grandes jardinières
Où se détachent les plantes
Qui peu à peu se pigmentent
D’automnales projections,

Ne restent que les oiseaux,
Qui grattent et fouillent la terre
À la recherche de vers,
Attendant des jours plus beaux.

Automne

S’engouffrer dans l’air pénétrant
Respirer l’humus odorant
S’enfoncer dans les feuilles mortes
Brasser des bruns, des roux, des or

S’imprégner du parfum boisé
Des feux de la fin de l’été
Et rester un instant
À observer le vent
Qui ravive la braise

Fouiller dans son passé
Pour retrouver l’émoi
De ses jeunes années ;
Du premier feu de bois
Des premières veillées,
Et sentir ses joues se mouiller…

S’harmoniser sans faire de bruit
Et ne faire qu’un avec la vie,
Se fondre au monde tout à fait
S’y dissoudre avec volupté
Et disparaître sans un cri.