Bourrasque automnale

Dans le ciel assombri de nuages lugubres
Le vent mêlé de pluie fait son apparition.
 
Quand son souffle s’accroît, il joue sa partition
En fouettant les parois transparentes des vitres
Où viennent se jeter, fraîches et cristallines,
Des gouttelettes fines en griffures mouillées
 
Et balance les tiges du fenouil desséché
Devant mes yeux songeurs, au gré de ses humeurs.
 
À l’horizon pourtant, entre deux strates grises
De schiste bitumeux, paraît une lueur ;
Messagère des cieux, son intense lumière
Aux subtiles couleurs m’hypnotise le cœur
 
Et d’un seul coup éclaire cette sombre atmosphère
Porteuse de beautés chaque jour réinventées.

La pluie de novembre

La pluie de novembre ruisselle des toits,
Recouvrant le zinc d’une couche fine
De vernis brillant, qui capte un instant
Les faibles lueurs de ces teintes grises.

La ville est tranquille, le ciel impassible,
L’on n’entend que l’eau qui descend des toits,
Tombant goutte à goutte sur le métal froid.
Ces gouttes fusionnent et viennent se perdre,
Coulent et convergent en petits ruisseaux
Ondoyant, dociles, le long des gouttières.

Où sont les oiseaux ? Ils ne pipent mots.
On les voit parfois traverser les airs,
Se mettre à l’abri, la tête sous l’aile,
Gonflant leur plumage pour avoir plus chaud.