– À ma mère –
Dernier regard du jour sur le champ de blé mûr
Aux épis coiffés d’or. Les troènes en fleurs,
Libérant les accords d’une haie de senteur,
Embaument l’air ambiant, ivresse des chemins.
Dépassant des jardins, chèvrefeuille et jasmin
Distillent aux passants leur murmure enivrant.
La marche est silencieuse au cœur de la nature,
Et le regard se perd à travers la ramure
Tortueuse des pins. Le chant entrecoupé
De roulades et trilles d’un beau chardonneret
Sur un branchage gris attire l’attention ;
Pluie dorée du cytise au doux parfum miellé,
Belles-dames, vulcains, les ailes déployées
Pour mieux se réchauffer sur l’arbre aux papillons
Chargé de grappes mauves, ne renient pas leur nom.
La terre enfin respire près des rives tranquilles
Au sable fin sculpté, marbré de goémons,
Et le ciel cristallin bleuit à l’horizon,
Traversé seulement par le vol nonchalant
D’une mouette argentée revenant de l’estran.
