Rose noire et enchantements

– À Fernanda V. –


Pendant qu’elle se penchait sur son métier à broder,

Dans le silence accueillant ses inspirantes pensées,

Par la surface vitrée du salon de sa maison

Elle voyait défiler une à une les saisons.

Au fil des mois qui passaient, tandis qu’elle recherchait

Comment traduire l’ombré, le velouté des pétales,

L’éclat de leur teinte rare, le ciselé du feuillage,

N’ayant de cesse d’offrir l’ultime raffinement

Que l’on maîtrise à l’acmé d’un savoir-faire exigeant,

Tandis qu’avec attention patiemment elle brodait,

Elle ressentait la grâce, la grande sérénité

D’un orfèvre émerveillé par tant de fluidité,

Comme si ce beau projet qui la comblait de fierté

Portait en lui la magie d’une aventure enchantée.

Dès qu’elle en avait le temps, elle poursuivait sa tâche

En y insufflant son âme, heureuse de ce défi

Unique et plein de promesses valorisant son talent,

S’ingéniant à parfaire sa florale symphonie,

Assemblant précisément les différents éléments

Qui jaillissaient peu à peu du creuset de son esprit.

Trajectoire initiatique, don préservé, fantaisie,

Réalisation sensible d’un art longuement transmis,

Gestes sûrs exécutés par des mains aux doigts de fée ;

Aucun témoin sur les lieux pour révéler le secret

D’une sculpture-bijou, un ouvrage inégalé

Qui demain resterait d’elle, et qu’avec joie elle offrait,

Avant la postérité, à celui qui en rêvait.

Au cours de ces trois années, lentement s’était tissé,

Délicieuse parenthèse au cœur de sa profession,

Un lien privilégié entre elle et sa création,

Œuvre d’art originale tendrement finalisée

Puis sobrement déposée sur un meuble du salon,

Qu’elle pouvait contempler quand s’y prêtait l’occasion.

Parfois même elle parlait à sa rose tant aimée

Dont l’aura la subjuguait, captivée par sa beauté.

Alors il lui paraissait qu’elle aussi lui répondait,

Comme une entité vivante dans sa silencieuse langue,

La magie ne s’arrêtant pas aux portes des maisons,

Mais semant sa féerie au-delà de la raison.

Sortilèges d’une rose noire, d’après la création brodée originale de Fernanda V.

[Tous droits réservés]

Mise en situation et photographie sous licence par TLC.

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2 commentaires

  1. Il faut avoir une âme d’artiste ou de poète pour comprendre la langue silencieuse d’une rose, qu’elle soit d’origine végétale ou façonnée et brodée dans un florilège de tissus velourés aux éclats moirés.
    Il aura fallu le génie d’une brodeuse aux doigts de fée pour que naisse cette sublime rose, captivante de beauté, devenue souffle d’inspiration pour une poétesse qui, par ses vers, lui prête une voix en nous contant son odyssée et pour un conteur qui, depuis des années déjà, lui a offert le don de la parole…
    Ces voix viennent parachever l’œuvre de la brodeuse, à la croisée de la grâce et du merveilleux.

    Une rose noire est entrée dans ma vie et, grâce à vous deux, elle me parle et m’enchante désormais.
    Je suis devenu un « petit prince » émerveillé, protecteur attentif et complice de sa rose !
    Chaque jour, je la contemple, et une pensée pleine de reconnaissance s’envole vers vous deux.

    Merci à chacune pour votre talent empreint de patience, d’amour et de don de soi.
    À mon tour, je veux vous dire combien je suis votre dévoué et combien cette rose, créée dans des matières nobles et arrosée d’encre poétique, est devenue un sortilège auquel je m’abandonne, consentant !
    Une rosace de mercis !

    T✨

    1. Comment ne pas se plonger dans ce projet inspirant, quand on est porté par l’art, sensible à la création, ému par cette beauté que nous offre le vivant ?

      Je suis ce passeur de rêve ayant transmis l’étincelle à quelqu’un de grand talent. Le reste lui appartient : Le goût des belles matières, le raffinement extrême, cette intelligence mise au service d’une Rose, œuvre unique intemporelle, d’un dessein, d’une intention infusant dans la matière, nourrissant l’imaginaire, en en révélant l’essence, les nuances, les mystères.

      Et, au-delà de tout ça, une âme avec un grand cœur, faisant le don de son art pour enchanter, sans le voir, un « petit prince » conteur…

      Merci pour ce beau commentaire, admiratif, reconnaissant, empreint d’un lyrisme exaltant !
      Et merci d’être à l’origine d’une synergie de talents, pour créer La Rose rêvée, brodée de soie et d’amitié, de rimes et de dévouement, emportés dans un même élan.

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