Une dernière fois

– À Jean-François et Marie-Odile –

Pouvoir, une dernière fois,

S’imprégner de ces lieux aimés

Avant qu’ils ne soient désertés ;

Caresser des yeux l’évidence

Des meubles au bois patiné,

Construits sur place et agencés

Avec amour et compétence

Par des menuisiers qualifiés,

Et chaque jour utilisés

Avec cette reconnaissance

De ceux qui, aimant leur métier,

Respectent le travail bien fait ;

Des meubles qui faisaient partie

D’un tout plaisant à regarder,

Fleurant bon la pâtisserie,

Décor au charme désuet

Où l’on se sentait invité

À savourer le goût du vrai,

Prenant le temps de s’arrêter,

De choisir et de discuter.

Ce beau savoir-faire a donné  

Cet ensemble qui est resté

Plus de deux siècles sans bouger,

Demain pourtant démantelé,

Et, loin du labeur de Paris,

Certains meubles déjà choisis,

Aussi longtemps qu’il est permis

De durer, pourront, c’est ainsi,

Commencer leur seconde vie.

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