Forget me not / Ne m’oublie pas – Myosotis –

– À toutes les victimes de crimes contre l’humanité. –

– Aux descendants des survivants du génocide des Arméniens*,

commis il y a 111 ans, dont les répercussions sont toujours d’actualité. –



Quand reviennent les myosotis

Je pense à tous ces chers défunts

Que l’on n’a pu accompagner

Jusqu’à leur digne sépulture,

Tous ceux que des esprits malins,

Secondés de hordes complices, 

Ont achevés sous la torture,

Terrorisés jusqu’à la fin,

Peuples livrés comme des chiens

À leur bestiale cruauté,

Leur ignoble cupidité

Ne voyant chez eux qu’un butin.

Quand vient le temps des injustices

Que l’histoire encor perpétue,

Tragédie de ceux que l’on tue

Sans que l’on condamne ces crimes,

Je pense à tous ces chers défunts

Fauchés comme des myosotis,

Et se ravive mon chagrin

Tel un long sanglot qui m’étreint.


* mais aussi Assyro-Chaldéens, Yésidis, Grecs pontiques…

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4 commentaires

  1. … permets à mes larmes bleu-pétales de se mêler à tes sanglots ma douce.
    Nous n’arrêterons pas, hélas, la cruauté et l’ignominie mais nos prières seront des calmants pour atténuer un peu les souffrances, toutes les souffrances.

    1. Toutes tes larmes bleu-pétales sont les bienvenues, Marie, tes prières aussi, car elles adoucissent le chagrin des vivants, et réconfortent l’âme des êtres disparus…

  2. Étymologiquement, cette jolie petite fleur bleue tire son nom d’une légende médiévale.
    Un preux chevalier du royaume de France marchait le long d’une rivière avec sa princesse.
    Dans un geste spontané d’amour, il voulut ramasser quelques myosotis mais, entraîné par le poids de son armure, tomba dans l’eau, le courant l’emportant à jamais.
    Juste avant de se noyer, il jeta les fleurs à sa belle lui criant : – ne m’oublie pas !

    On ne pouvait trouver plus digne allégorie pour parler de l’Arménie, de son peuple fier et résiliant dont les rivières du souvenir crient les souffrances et les horreurs endurées.
    Jamais les flots ne seront ceux de l’oubli et sur leur rive fleuriront toujours vos myosotis pour dire : n’oublie pas, n’oublions jamais…

    Même une frêle fleur, foulée aux pieds, ne cesse de renaître pour exprimer sa volonté de liberté et son droit d’exister.
    Toutes les larmes d’un peuple seront sa rosée, sa force régénératrice…

    Votre poème m’a profondément touché et puisse-t-il fleurir dans la mémoire collective.

    Je vous offre des myosotis, comme autant de bulles de reconnaissance pour ces rimes essentielles…

    Je vous embrasse.
    T ✨hierry

    1. Merci infiniment, pour le partage de cette légende médiévale, et pour votre empathie dont l’expression m’a particulièrement touchée.

      Je reçois à mon tour vos myosotis avec reconnaissance, pour fleurir le présent et accompagner le futur, afin que, cultivant l’histoire et notre humanité, nous gardions la mémoire et sachions tirer les leçons du passé pour exister et agir avec conscience.     

      Je les offre à mon tour à toutes les victimes de l’innommable, pour que leur âme repose en paix.
      🙏✨      

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