– À ma fille –
Place Kléber, un magicien
Illumine le quotidien
Sous l’œil enchanté des bambins.
D’un geste adroit il accomplit
La virtuose féérie
Des couleurs du ciel réunies,
Créant des bulles irisées
Uniques ou en chapelet,
Naissant et venant s’envoler
Avec grâce et légèreté,
Exposant leur robe moirée
Devant les passants étonnés.
Elles s’étirent, prennent vie,
Se dispersent, restent groupées,
Font étinceler leur livrée,
Puis éclatent sans préavis
Ou se fondent dans les nuées.
Malgré le froid, cette magie
Fait s’arrêter quelques curieux
Plus rêveurs encor que frileux,
Et les enfants, toujours friands
De beauté et de fantaisie,
Se pressent, fougueux et ravis,
Afin de pouvoir admirer
Ces miroirs mouvants colorés,
Bulles rondes ou déformées
Qu’un simple souffle peut briser.
Evanescente poésie
De ce spectacle improvisé
Chatoyant devant les façades
De la grande place carrée,
Dans une joyeuse parade
Créant l’inlassable prodige
De leur aérienne voltige.
