Ondée

J’aime me lever tôt, écouter les oiseaux,

Le silence hésitant dans la ville endormie,

Comme à l’aube des temps, au réveil de la vie ;

Voir l’aurore paraître, quand leciel s’éclaircit

Et se teinte de mauve, l’horizon alangui,

La rosée du matin, déposée dans la nuit,

Et la fraîcheur aussi, fugace et bienfaisante,

Avant que la chaleur déshydrate les plantes

Et assomme les hommes sous la clarté brûlante

D’un astre incandescent à la chape alourdie.

Mais voilà le tonnerre qui gronde au loin et dit :

« Je vous envoie la pluie ! » Alors tout s’obscurcit,

Les gouttes d’eau descendent, se pressent, se répandent,

D’abord en mouchetis, puis mouillent à l’envi

Tout ce qui se présente, sous leur brillant vernis.

Par endroits des éclairs ont allumé les cieux,

Éblouissant les yeux de zébrures de feu ;

À présent tout est gris.

La chanson de l’averse résonne à l’infini,

Déclinant ses refrains aux mille clapotis

De ce flot qui ruisselle, vagabonde et s’enfuit.

Les pots sur le balcon, la gouttière, les toits,

Le serpent de goudron, les bordures d’asphalte,

Du crépi des façades jusqu’aux feuilles des arbres

L’espace est hachuré de lignes verticales

Dont le rideau strié brouille le paysage.

Le calme retrouvé,

La nature apaisée savoure cette ondée.

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