– À mon père –
Nuée de goélands tournoyant dans l’été,
Incroyable spectacle au-dessus du jardin,
Loin des bateaux, du port, de la grève habitée
De goémon gardant la trace des marées,
Des ondes poissonneuses et des bruyants festins.
Nuée de goélands dans le ciel cérulé
S’abattant tout à coup au milieu du terrain,
Blanc cortège essaimé aux ailes repliées,
Semblant chercher de quoi atténuer leur faim
Dans l’herbe desséchée, au milieu du plantain.
Nuée de goélands, visiteurs égarés
Rassemblés sur le toit, guetteurs de cheminée
Qui, sans se retourner, s’envolent brusquement
Dans un bruit étouffé de plumes effleurées,
S’égaillant alentour dans le soleil couchant.
