– À Alberto –
La douleur n’a pas d’âge,
Jalonne notre vie, s’abat sans crier gare,
Foudroyant un matin, déchirant une nuit,
Et les plus endurcis ne sont pas mieux lotis,
Car perdre sa maman, chagrin irrémédiable,
Est un tel ouragan qu’il prive en un instant
Un enfant, même grand, d’un guide incontestable ;
Ce pilier admirable,
Fidèle et résistant, dévoué, inspirant,
Qui toujours était là pour veiller sur nos pas,
Dans toute l’innocence des jours où l’on courait
Jambes nues dans les champs,
Rêvant son existence à travers les héros
Des récits de Zorro, ou de Robin des Bois,
Au temps des bonheurs simples et des candides joies,
Des craies sur le tableau noir de l’institutrice,
Des devoirs laborieux, ou vite expédiés,
Des courses à vélo, tartines au goûter,
Genoux égratignés de roses cicatrices
Après avoir joué avec des camarades
Aux billes et au ballon, sur l’herbe ou le goudron,
Et grimpé dans les arbres aux vertes frondaisons,
Entre mâles bravades et franches rigolades,
Petites fâcheries et longues punitions,
L’amour vrai d’une mère comme tendre horizon.